Suspension de la vente de la régie publicitaire de France Télévisions

La raison l'a logiquement emporté ce matin, lors de la réunion du conseil d'administration de France Télévisions. En effet, compte tenu de la volonté convergente exprimée à l'Assemblée nationale, la semaine dernière, de maintenir la publicité sur l'audiovisuel public en journée, les négociations exclusives engagées entre Publicis-LOV Group et France Télévisions n'avaient plus de sens, sinon de faire un cadeau encore plus beau à Stéphane Courbit en privatisant une régie publicitaire qui aurait continué à collecter des recettes publicitaires pour France Télévisions avant 20h.

 

Permettre à France Télévisions de continuer à recueillir, chaque année, 400 millions d'euros de recettes publicitaires, c'est non seulement revenir sur la mauvaise loi de mars 2009 qui avait mis France Télévisions sous une double tutelle politique et budgétaire, mais c'est aussi sécuriser le financement de l'audiovisuel public dans la durée.

 

Même si le risque demeure d'une fragilisation du financement de France Télévisions avec la procédure d'infraction lancée contre la France par la Commission européenne sur la taxe dite télécoms, il s'en trouve néanmoins atténué par la sage décision prise ce matin.

 

C'est donc une bonne nouvelle tant pour la qualité des programmes des chaînes de l'audiovisuel public que pour les personnels de France Télévisions. A cet égard, on ne peut que se réjouir que les négociations exclusives avec Publicis-LOV Group soient suspendues sans contrainte puisque les représentants de l'Etat n'ont pu trouver au sein du Conseil d'administration la majorité qu'ils recherchaient pour imposer le terme du 30 octobre à cette suspension. Qu'en sera-t-il de l'indépendance de ce Conseil d'administration lorsque son Président sera nommé par le Chef de l'Etat?